Un conseil : Surtout, ne mettez jamais les pieds à New York.

Tourist taking a picture of Lady Liberty

Je ne dis pas ça parce que c’est une ville tellement touristique que ça peut sérieusement rendre fou. Ni parce que c’est probablement la capitale du foodporn.

Je dis ça, parce que vous ne voudrez peut-être jamais retourner chez vous.

Pourquoi ne pas raconter New York ? Car cette ville a tellement de facettes différentes qu’il est impossible d’en dépeindre un portrait fidèle.

Cela fait trois fois que j’y vais. Et chaque fois je perçois quelque chose de différent alors que peu de choses ont réellement changé.

En 2008, j’étais la touriste émerveillée par cette ruche au bourdonnement incessant, son hyperactivité, et ses grattes-ciel au nom bien trouvé. Je voyais Broadway, Times Square, et tous ces endroits emblématiques comme toute personne qui aurait imaginé à ses heures perdues partir à la conquête du rêve américain.

Portail à l'entrée de Washington Square Park

With Derek, Washington Square Park, 9 years later

Je me perdais comme volontairement dans les rues, les galeries du métro et les espaces verts, et je me suis innocemment laissée m’amouracher de cette ville ainsi que d’un musicien à Washington Square Park.

En 2016, je parcourais seule (la plupart du temps) les kilomètres d’avenues et les chemins sinueux de Central Park. J’allais voir ces choses que j’avais loupé la première fois, ces endroits un peu plus historiques, artistiques, et moins touristiques.

Pendant la première partie de mon séjour, étant confrontée à la solitude et à l’absence de conversations, j’ai cru apercevoir la vraie nature de cette ville. Les grattes-ciel étaient toujours là, mais paraissaient cette fois beaucoup plus grands et plus oppressants. Les gens autour de moi semblaient être plus nombreux et bouger à une vitesse toujours plus élevée que la mienne. « New York est une ville cruelle », me disais-je.
Cette impression d’étouffer et le sentiment d’être – toute petite – insignifiante ne se dissipaient que lorsque ma main trouvait refuge dans celle de ce musicien que j’avais rencontré 8 ans auparavant.

Puis soudainement, le calme. La foule n’est plus si effrayante mais réconfortante, et on semble avoir compris le rythme de ce remous infini.

Un laveur de vitre qui n'a pas peur

New York Street Goodall Rubber co. Tribeca

Finalement, cette année j’y suis allée sans l’attente d’être surprise ou étonnée. Parce que la surprise et l’étonnement sont des choses que l’on subit. Cette fois, j’étais décidée à ressentir cette ville comme je le voulais et non comme elle le voulait.

Moi qui suis à la recherche à la fois de calme et d’exaltation, qui rit aux éclats ou contemple avec tristesse le vide de l’existence, j’ai vu cette ville tordre et se plier à ma volonté, à mes désirs, à ma personnalité.

Un oiseau tellement beau qu'on a l'impression que c'est un faux - Brooklyn Botanic Garden

Les merveilles de la nature, la vie nocturne, la gourmandise. Le contraste entre le beau et le moche, le vieux et le nouveau. Les rencontres, les différences culturelles…

Dead Wicksssss <3 3:D

J’ai enfin l’impression d’avoir compris de cette ville : il n’y a rien à comprendre, il faut la vivre.

Et comme à chacun sa vision, je ne peux pas vous raconter New York, de manière succincte et objective.

Sur le set de West Side Story ?


Je ne peux que vous dire de ne pas y aller car vous pourriez en tomber amoureux (ou pire, y tomber amoureux !), ce qui rend le retour à la réalité beaucoup plus difficile.

Bref. Je suis de retour après cette longue parenthèse, qui a grandement valu la peine de se déconnecter (presque) complètement.

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